Jean-Christophe Dudreuil

Néon-néant

Le néon, cet éclairage si particulier, met en lumière voyageurs, vagabonds, travailleurs, dans ces couloirs souterrains comme un milieu entre Dieu et le néant. 

J’ai passé une grosse partie de ma jeunesse dans les gares et les trains français. Sarlat, Bergerac, Bordeaux, Paris, Rennes, Angoulême, Toulouse, Lille, Nîmes, Arcachon,… La gare saint-Jean de Bordeaux était le hub de toutes mes destinations. Chaque week-end ou presque, je passais par Bordeaux pour rejoindre ma correspondance en empruntant ces longs couloirs à la lumière blafarde et inquiétante. 

Aujourd’hui, il y a ceux qui se promènent, qui vagabondent, qui rôdent, qui divaguent, qui s’égarent, qui vont à l’aventure, qui travaillent. D’autres partent en vacances ou retournent vers leur foyer… Tous se croisent à un moment de la journée, certains se voient tous les jours et finissent, pour quelques-uns, par se reconnaître avant de se connaître. 

40 ans après, je reviens dans ces couloirs, mais cette fois-ci, posté avec mon appareil photo à un endroit précis et à la vue de tous, pour tenter de saisir ces va-et-vient incessants et répétés, sous les lumières des néons, témoins discrets de cette transhumance quotidienne et d’une partie de mon passé.